LE TEMPS DU SABLIER

Je vois dans le rétroviseur
un petit garçon qui pleure
quand les grands lui disent
que sa vie est une méprise.
Il ne voulait pas être différent
mais la vie a décidé autrement.
Quand sa maman le bordait
le soir en racontant des histoires
il se sentait fort et il rêvait
comme les autres enfants, dans le noir.
Des images me reviennent et ça
fait mal parfois comme les pierres
que l’on me jetait autrefois.
Je me souviens des pleurs d’hier
parce qu’on disait que ma place
n’était pas pour ce monde là.
J’ai appris à souffrir à la place
d’apprendre à grandir doucement.

Même si parfois ces souvenirs
comme un boomerang reviennent
en pleine gueule et font partir
le sourire qui me protège de la peine.
Faut que j’écrive jusqu’au bout
de la nuit pour pas laisser
le marchand de sable à genoux.
J’ai encore envie de rêver, de rêver.
Qu’importe le temps du sablier
à reluire les blessures anciennes
je veux écrire sur ce cahier
que la vie n’est pas ma chienne.

Ce petit garçon seul dans sa chambre
cherchait un moyen d’effacer
cette différence pour que les gens
arrêtent de se moquer, de trainer
dans la boue ses quatre ans.
Même les mots l’avaient laissé
dans le silence, il n’avait pas le temps
de grandir doucement il fallait
qu’il se batte comme un titan
pour ne pas perdre le combat
devant l intolérance des gens.
Malgré les coups de poings, les coups bas
il a appris à encaisser sans faiblir
malgré les souffrances, les hématomes.
Il n’était plus un enfant mais un p’tit homme.
Quand le fardeau était trop à porter
il venait se blottir dans les bras de sa maman
pour un peu de réconfort pour sécher
ses sanglots contre l’amour d’une maman.

Qu’importe toutes ces années de souffrances, de tristesse​
ce p’tit homme devenu un homme aujourd’hui.
N’ a plus peur d’enlever sa cagoule
malgré les regards assassins qui le tenaient en laisse
comme un chien qu’on veut piquer, la vie
il l’aime malgré ses coups de boule.
Qu’importe les maux, il ouvre grand ses ailes
pour voler toujours plus haut, toujours plus loin.
Même s’il reste un coin sombre en lui
y’a assez de lumière pour l’éclairer
mêmes les cicatrices de sa vie
n’arrivent plus à le faire saigner
comme autrefois, il a appris à les panser
sur les lignes d’une feuille à carreaux.
Il ne verse pas de larmes juste de l’encre
sur ses bleus à l’âme comme il faut
pour vivre sans jamais jeter l’ancre.
Quand je regarde dans le rétroviseur
je vois un p’tit garçon qui me sourit
je sens au fond de mon cœur
son amour pour moi, pour la vie.

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